Paris Conference

The Role of Business in Education
La place de l'Entreprise dans la mission d'Education

Conference organised by Generation Europe Foundation asbl and Génération Europe France
Conférence organisée par Generation Europe Foundation asbl et Génération Europe France

L’ambition de Génération Europe France, partenaire de Generation Europe Foundation, est d’ouvrir une perspective de coopération entre deux acteurs de la formation des hommes qui peinent à évacuer les préventions réciproques, pour entrer dans une voie commune d’éducation des jeunes à leur dignité de citoyens responsables et de professionnels d’excellence, dans un monde en compétition multiforme. [...]
Ce sera aux intervenants, orateurs et public, de donner sa substance et son style au débat. Qu’ils soient les bienvenus!

State of the Art

by Catie THORBURN, President of Generation Europe Foundation
and Guy GUERMEUR, President of Génération Europe France

Dans la période où notre société mondialisée s’interroge, plus que jamais, sur la valeur de sa gouvernance, le citoyen, l’élu politique, l’enseignant et le responsable économique ne peuvent se dispenser d’ouvrir le débat sur la formation des jeunes qui sont leur avenir.

Marquées par les violences extrêmes, infligées aux innocents, durant les guerres mondiales, coloniales ou idéologiques, les générations aux commandes, depuis un demi siècle, ont été obsédées par le devoir de protection de la jeunesse qui leur était confiée. Elles ont cédé à la tentation de l’isoler dans le statut aseptisé de l’école, et de la protéger des engagements et des risques du monde moderne.

La société civile, largement responsable de cet enfermement, a pris le parti, vertueux, de tenir les jeunes à l’écart des « pollutions sociales » : concurrence, compétition, loi du marché, risques et défis du monde du travail et de l’entreprise. Cette dernière institution, réputée lieu de toutes les méfiances, génératrice de précarité, d’angoisse devant le changement et l’adaptation permanente est encore, pour beaucoup, le repoussoir de la société idéale, fraternelle, égalitaire et pétrie de bons sentiments.

Quoi de plus rassurant, dès lors, qu’un lieu fermé, tenu par l’Etat tutélaire, à l’abri des tempêtes, tout au long de la préparation à une vie active, toujours repoussée ? C’est l’Ecole qui fut choisie pour cette « mission-refuge » et confiée à un corps dévoué, fortement organisé et largement autogéré, érigé en juge suprême des règles et pratiques, non seulement de l’enseignement et de la transmission du savoir mais encore de l’éducation, au sens le plus large.

Cette répartition des rôles et des responsabilités demeure ainsi fixée par le pouvoir politique, sous l’influence vigilante de la société civile, nébuleuse indéterminée où s’agrègent associations, organisations syndicales, collectifs et mouvements divers.

L’école protège, certes ; elle instruit ; elle prépare aux futurs apprentissages techniques et professionnels. Il n’est pas question de lui faire un procès en captation des esprits ni en démission de son mandat. Reste que l’école n’est pas la seule fée, au berceau de la jeunesse. Deux autres institutions peuvent aussi prétendre à la mission de former les jeunes et de les préparer à gérer le monde où ils vont entrer. Ces organisations sont la famille et l’entreprise.

La première s’est peu à peu laissée dépouiller de sa responsabilité, au point qu’un mouvement a commencé à s’exprimer, pour exiger le respect du droit naturel à coopérer, avec l’école, à l’éducation des enfants qu’elle lui confie. La revendication va du libre choix de l’établissement par la famille à la participation, active et permanente, aux décisions. La notion de « communauté éducative » a même fait une timide apparition.

Il est à souhaiter qu’une fondation indépendante prenne, sans tarder, les dispositions souhaitées, pour mettre cette question en débat entre les partenaires concernés, en présence du pouvoir politique, tuteur et arbitre majeur, dans la mission d’éducation.

Dans l’immédiat Génération Europe a proposé d’organiser avec les acteurs, un colloque sur une approche nouvelle de la coopération, dans le domaine éducatif, essentiel à la vie en société. La conférence organisée au palais du Luxembourg, avec la grande bienveillance du Président Larcher et le haut patronage de Monsieur Josselin de Rohan, président de la Commission des Affaires étrangères, se donne pour tâche de confronter les positions des responsables politiques, culturels, éducatifs, économiques, universitaires, syndicaux de l’Union Européenne, sur la place de l’entreprise dans la mission d’éducation.

L’ambition de Génération Europe France, partenaire de Generation Europe Foundation, est d’ouvrir une perspective de coopération entre deux acteurs de la formation des hommes qui peinent à évacuer les préventions réciproques, pour entrer dans une voie commune d’éducation des jeunes à leur dignité de citoyens responsables et de professionnels d’excellence, dans un monde en compétition multiforme.

La première attente du débat est un examen sans concession de l’état des lieux.

Le terrain à dégager pour le dialogue et la coopération est-il miné d’intransigeance, d’incompréhension, d’intégrisme idéologique ou corporatif ? Peut-on, au contraire, y trouver des espoirs d’ouverture, de confiance réciproque, de respect pour la mission de l’autre partie ?
Quelle est la situation de la coopération école-entreprise dans les différents pays de l’Union européenne ?
Quelle est la position des différents Etats de l’Union sur l’intérêt de la coordination entre le monde de l’économie et le monde de l’éducation ? Comment les différentes sociétés de l’Europe ont-elles proposé et organisé la mission d’éducation, commune aux responsables : les uns producteurs de richesses, et les autres précepteurs du futur citoyen ?
Des expériences ont-elles été tentées ? Existe-t-il des pratiques reconnues ?
L’école, souvent perçue comme complexe, diverse et monolithique, est-elle prête, en confiance, à ouvrir sa porte au monde extérieur et d’abord à l’entreprise, organisation qui accueillera, au terme de leurs études, la grande majorité des jeunes, formés dans les établissements publics ou privés ?
Le monde économique, en particulier les organisations de production et de service, est-il disposé à s’engager dans un parcours nouveau de préparation à la vie active, très en amont de la formation professionnelle classique, et de prendre ce chemin non balisé, aux côtés du monde enseignant ?
La jeunesse est-elle volontaire pour se frotter, dès le temps scolaire, à une société du travail professionnel dont elle est encore tenue à distance ?

L’Etat, enfin, tuteur incontesté du monde éducatif et « grand-frère » des milliers d’entreprises qu’il surveille, contrôle, dirige parfois, soutient ou sanctionne, a-t-il une doctrine de la complémentarité du professeur et du manager, dans la préparation du jeune à son rôle citoyen du monde à venir ? Quelles mesures pourrait-il prendre pour favoriser un cheminement de l’un vers l’autre ? Quelles expériences les deux parties pourraient-elles suggérer, ensemble, aux pouvoirs publics? Quel accueil la société européenne est-elle prête à faire à un grand dérangement, dans les habitudes d’éducation de sa jeunesse ?

Telle peut se présenter la conférence ouverte par Generation Europe Foundation et confiée aux soins de son partenaire : Génération Europe France.

Ce sera aux intervenants, orateurs et public, de donner sa substance et son style au débat. Qu’ils soient les bienvenus!